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ARTICLES DE PRESSE


L’actualité, accessible à tous, envahit la toile et les médias dans leur ensemble, Radio, TV et Net confondus. Hebdomadaires et magazines offrent de leur côté des synthèses orientées, destinées à interpeller.

Club Espace 21 pour sa part n’intervient qu’occasionnellement en proposant une revue de presse "choisie et parfois commentée", en lien avec les sujets et les thèmes abordés par Club Espace 21, présentée dans cette rubrique.

Une actualité "commentée"

Un titre peut être factuel sur un événement, des données, des statistiques ou sur un sondage. Un avis ou une interprétation peut alors nous inciter à réagir et faire l’objet d’un commentaire de CE21 dans la rubrique « les avis des lecteurs ».

Septembre 2021


    Budget 2022 : le Haut Conseil des finances publiques hausse le ton

    L’institution refuse de se prononcer sur le déficit de 4,8 % prévu par le gouvernement alors que des dépenses à venir ne sont toujours pas renseignées.

    est assez inédit. Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) s’apprête, ce mercredi, à rendre un avis sur le projet de budget 2022 qui reste muet sur le caractère plausible de la prévision de déficit du texte présenté en conseil des ministres le même jour. Comme l’a révélé L’Opinion, ses onze membres, dont le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici, estiment ne pas avoir assez d’informations pour dire si la cible, de 4,8 % du PIB, après 8,4 % en 2021, est réaliste. Et pour cause : ils ont reçu un texte à trous de la part du gouvernement ! La partie dépenses n’est pas totalement renseignée.

    Hors mesures d’urgence et de relance, elle prévoit une augmentation de 32 milliards d’euros, ou 11 milliards en volume, c’est-à-dire en plus de l’inflation. Sauf qu’Emmanuel Macron n’a pas encore arbitré les contours de son plan d’investissements baptisé France 2030, censé aider à bâtir les filières industrielles de demain, ni son revenu d’engagement pour les jeunes sans emploi ni formation qui accepteront un accompagnement intensif. Les crédits nécessaires seront introduits par amendements lors de la discussion au Parlement. Plusieurs milliards manquent donc à l’appel. « Quand on est le Haut Conseil des finances publiques, on peut être agacé d’avoir à se prononcer alors qu’on ne connaît pas l’intégralité des dépenses publiques », déplore un membre de l’institution composée de magistrats de la Cour des comptes et de personnalités qualifiées, dont bon nombre d’économistes.

    Le précédent de 2016

    Bercy s’est toutefois ménagé une petite marge de manœuvre qui contrebalance le poids de nouvelles dépenses de dernière minute sur le déficit. Ses hypothèses tablent sur une croissance du PIB de 6 %, alors que les principaux instituts de prévision prévoient un chiffre un peu plus élevé, de 6,2 à 6,3 %. Et ses prévisions sur l’emploi n’ont pas pris en compte les bonnes nouvelles du deuxième trimestre sur les créations de postes, ce qui pourrait améliorer les rentrées fiscales. Finalement, le déficit public pourrait rester autour de la prévision du gouvernement, même si les dépenses publiques pourraient être plus élevées, tout comme les rentrées fiscales. Ce qui n’est tout de même pas la même chose en termes de méthode pour arriver au même solde budgétaire…

    L’épisode rappelle le dernier budget présenté par le gouvernement de François Hollande, en 2016. Michel Sapin, le ministre des Finances d’alors, avait présenté des hypothèses pour 2017 qui n’avaient pas été jugées crédibles par le Haut Conseil des finances publiques. « Le scénario de croissance retenu par le gouvernement, qui cumule un certain nombre d’hypothèses favorables, tend à s’écarter du principe de prudence qui permet d’assurer au mieux le respect des objectifs et des engagements pris en matière de finances publiques », avait écrit l’institution, dirigée, à l’époque, par Didier Migaud. Une charge cinglante dans le langage de ces experts.

    Quelques mois plus tard, après l’élection d’Emmanuel Macron, en juin, les magistrats de la Cour avaient d’ailleurs enfoncé le clou dans leur rapport sur les perspectives des finances publiques en dénonçant « l’importance des éléments d’insincérité contenus […] dans le projet de loi de finances soumis à la représentation nationale à l’automne 2016 ». La passe d’armes, cette fois, ne devrait heureusement pas en arriver là.

    à suivre dans Le Point.fr

    Commande de sous-marins : pourquoi l’Australie déchire le "contrat du siècle" passé avec la France

    L’Australie a rompu un gigantesque contrat passé auprès de la France pour la livraison de sous-marins conventionnels, provoquant la colère de Paris. Elle s’engage dans une alliance commune avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni dans la zone indo-pacifique.

    L’Australie torpille le "contrat du siècle"

    Le Premier ministre australien Scott Morrison a confirmé jeudi la rupture du gigantesque contrat conclu en 2016 avec la France pour la fourniture de douze sous-marins conventionnels. Le coût global du programme dont le français Naval Group avait la charge s’élevait à 50 milliards de dollars australiens, plus de 30 milliards d’euros. En lieu et place des sous-marins français, l’Australie a fait le choix d’appareils à propulsion nucléaire qui seront conçus à l’aide de technologies américaines et britanniques, deux pays avec qui elle scelle une nouvelle alliance. "La décision que nous avons prise [...] n’est pas un changement d’avis, c’est un changement de besoin", a justifié Scott Morrison. Lors d’un entretien récent avec ce dernier, Emmanuel Macron avait réaffirmé "l’engagement plein et entier" de la France à aller jusqu’au bout du contrat.

    Jean-Yves Le Drian déplore une "trahison"

    La diplomatie française n’a pas mâché ses mots après l’annonce australienne. "Je suis en colère, ça ne se fait pas entre alliés", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, jeudi sur Franceinfo. "C’est un coup dans le dos", a-t-il ajouté, estimant que l’Australie avait "trahi" la confiance française et devrait s’expliquer sur la façon dont elle souhaite sortir des contrats qui ont été signés. Une longue bataille juridique devrait avoir lieu afin d’établir le montant des pénalités que Canberra devra verser. Le Drian s’en prend aussi au "comportement américain" et à l’attitude de Joe Biden, qui "ressemble beaucoup à ce que faisait M. Trump".

    "Aukus", un nouveau pacte stratégique

    Les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni ont annoncé dans le même temps un partenariat de sécurité historique pour défendre leurs intérêts dans la zone indo-pacifique. Baptisé "Aukus", ce pacte permettra aux trois pays d’optimiser leurs liens opérationnels et de collaborer étroitement en matière de cyberdéfense, d’intelligence artificielle et de technologies quantiques. "C’est une décision fondamentale, fondamentale. Cela va lier l’Australie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour des générations", avait indiqué un haut responsable de la Maison-Blanche avant l’annonce de cette alliance.

    La Chine au coeur du débat

    La Chine n’a pas été mentionnée ni dans les déclarations orales des chefs d’Etat de l’alliance Aukus, ni dans le communiqué qui a suivi. Néanmoins, il ne fait aucun doute que ce pacte vise d’abord à faire face aux ambitions régionales de Pékin. Le porte-parole de la diplomatie chinoise a d’ailleurs réagi : "Cette coopération en matière de sous-marins nucléaires sape gravement la paix et la stabilité régionales, intensifie la course aux armements et compromet les efforts internationaux de non-prolifération nucléaire", a-t-il estimé. Depuis son élection, Joe Biden souhaite rester ferme à l’égard de la Chine en jouant le jeu des alliances plutôt que celui de la confrontation instaurée par Donald Trump. Le président américain réunit d’ailleurs la semaine prochaine les Premiers ministres australien, indien et japonais pour relancer un format diplomatique, le "Quad", qui végétait depuis plusieurs années.

    Un enjeu primordial pour les Etats-Unis

    Joe Biden s’était donné pour objectif de raviver les alliances des Etats-Unis face à la Chine et il a déjà dit à plusieurs reprises que la région indo-pacifique était une priorité. Ce transfert de technologie est révélateur des ambitions américaines. C’est en effet la première fois que Washington partage son savoir-faire en termes de propulsion nucléaire avec un autre pays que le Royaume-Uni depuis 1958. Les Etats-Unis ont même refusé cette faveur à des alliés aussi proches qu’Israël dans le passé.

    Un revers majeur pour la France

    Le revirement australien est un coup dur pour les ambitions françaises dans la zone indo-pacifique, fondée sur des partenariats étroits avec l’Inde et l’Australie notamment. Et il n’est pas sûr que Paris se console avec les propos conciliants de Joe Biden, qui a assuré que les Etats-Unis voulaient "travailler étroitement avec la France" dans cette zone très stratégique et que Paris restait "un partenaire clé". Dans un communiqué commun, Jean-Yves Le Drian et la ministre des Armée, Florence Parly, confirment la "volonté [française] d’une action très ambitieuse dans cette région" et rappellent que la France est la seule nation européenne "présente en Indo-pacifique avec près de deux millions de ses ressortissants et plus de 7.000 militaires".

    à suivre dans le JDD

    Annulation de la vente de sous-marins à l’Australie  : pourquoi les USA gagnent toujours à la fin  ?

    Un coup d’œil dans le rétroviseur permet de mesurer la redoutable efficacité commerciale et stratégique des États-Unis, mais également l’inconsistance européenne en la matière et les lacunes du système d’exportation français.

    C’en est donc fini du « contrat du siècle ». Ce mercredi 15 septembre, l’Australie annonçait revenir sur sa décision d’acquérir douze sous-marins Shortfin Barracuda conçus en France, dont les entreprises, Naval Group en tête, devaient percevoir 8 des 31 milliards d’euros de cet accord géant. Un air de déjà-vu  ? Ce n’est pas la première fois que les États-Unis, premier exportateur mondial et leader de l’Otan, dament le pion de la France sur des ventes d’armes. Un coup d’œil dans le rétroviseur permet en effet de mesurer la redoutable efficacité commerciale et stratégique des États-Unis, mais également l’inconsistance européenne en la matière et les lacunes du système d’exportation français.

    QUAND LA GÉOPOLITIQUE PRIME

    Dans la longue histoire des camouflets yankees, le cas des sous-marins australiens tient une place un peu à part. Force est de constater que la décision d’annuler le contrat de 2016 au profit d’un partenariat avec le Royaume-Uni et les États-Unis n’est pas totalement illogique dans le contexte géopolitique de tension avec la Chine. En outre, au-delà de la complaisance envers une industrie de la défense américaine depuis toujours utilisée, notamment à travers l’Otan, comme un instrument diplomatique majeur, le choix de sous-marins nucléaires, plus furtifs et bénéficiant d’une autonomie opérationnelle supérieure, n’est pas insensé.

    D’un point de vue industriel, la logique de ce coup de poignard dans le dos est beaucoup moins évidente  : alors que l’accord avec la France bénéficiait largement à l’économie australienne, Naval Group s’étant engagé contractuellement à ce que 60 % de la valeur du contrat lui bénéficie, l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire suppose un achat pur et simple aux États-Unis, alors même que la construction d’un chantier naval à Adélaïde a pourtant débuté. Dépourvue de filière nucléaire, l’Australie est en effet incapable de construire elle-même ces submersibles dans un délai suffisamment court pour éviter un « trou capacitaire » de nombreuses années.

    à suivre dans MARIANNE.fr

    Allemagne : l’héritier de Merkel lâche ses coups, sans conjurer la défaite annoncée

    Inverser la courbe des sondages : à deux semaines des élections, l’héritier d’Angela Merkel, l’impopulaire Armin Laschet, a lâché dimanche ses coups contre son principal adversaire, le social-démocrate Olaf Scholz, sans conjurer la défaite annoncée.

    De l’épouvantail d’une coalition avec l’extrême gauche au spectre des affaires judiciaires, M. Laschet a attaqué bille en tête son principal adversaire, épargnant l’écologiste Annalena Baerbock lors d’un débat entre les trois principaux candidats et transformant ainsi le "triell" prisé des Allemands en duel. Sans atteindre son but.

    Les sondages d’après-débat ont en effet tous donné l’avantage à M. Scholz, jugé "le plus convaincant" par 41% des personnes interrogées, devant M. Laschet (27%) et Mme Baerbock (25%). Le candidat social-démocrate a en particulier convaincu les "électeurs indécis", qui le placent nettement en tête.

    M. Laschet n’a plus beaucoup de temps pour enrayer la chute des conservateurs de la CDU-CSU, tombés à un niveau historiquement bas dans les enquêtes d’opinion, autour de 20%. D’autant qu’une partie des électeurs ont déjà voté par correspondance.

    Au pied du mur, M. Laschet a mis en pratique lors de ce débat d’une heure et demie sur les chaînes publiques les conseils des hiérarques conservateurs : bousculer M. Scholz, l’expérimenté mais dénué de charisme ministre des Finances du gouvernement Merkel.

    - "Sérieux problème" -

    Premier angle d’attaque de M. Laschet, l’éventuelle coalition que pourrait former M. Scholz avec les écologistes et surtout l’extrême gauche Die Linke, un épouvantail très prisé du camp conservateur.

    "Si cela vous donne une majorité, vous ferez une coalition avec la gauche !", a lancé M. Laschet au social-démocrate tendance centriste.

    M. Scholz, sans écarter formellement une telle coalition, a fixé ses conditions : "Quiconque veut gouverner en Allemagne doit affirmer clairement que l’Otan est importante pour notre sécurité", a-t-il asséné en direction de l’extrême gauche, qui remet en cause la relation transatlantique sur laquelle mise l’Allemagne depuis 1945.

    Autre offensive menée par M. Laschet, les affaires. Il s’est saisi de perquisitions menées le 9 septembre dans un organisme fédéral de lutte contre le blanchiment, sous la tutelle de M. Scholz, pour attaquer son adversaire.

    à suivre dans Actu.Orange.fr

    Pour les patrons du Medef, la réforme de l’assurance chômage n’est pas le remède miracle

    Réclamée par le Medef, promise mercredi par Bruno Lemaire pour le 1er octobre, l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance chômage ne réglera cependant pas tous leurs problèmes d’embauche, tant s’en faut. Reportage à l’hippodrome de Paris-Longchamp, où se tient l’Université du Medef.

    Les baromètres internes du Medef sont annoncés au plus haut et la croissance nationale espérée à 6 %. Mais les entrepreneurs devront relever d’énormes défis alors que le « quoi qui l’en coûte », qui a vu l’État garantir massivement des prêts aux entreprises, financer le chômage partiel de leurs salariés, prend fin. Sauf pour les secteurs directement pénalisés par la pandémie comme la culture ou l’hôtellerie-restauration liée au tourisme international.

    Devant 5 400 participants réunis sur le thème « Que reste-t-il de nos libertés  ? », sur l’hippodrome de ParisLongchamp (dans le seizième arrondissement de Paris), Geoffroy Roux de Bézieux, le Président du Medef, a donc appelé les patrons, à dire « la vérité » à leurs collaborateurs comme à leurs concitoyens sur la reprise en cours, parce qu’ils sont aux prises « avec l’économie réelle ». Lui-même a d’emblée placé la barre haut  : il a martelé à ses pairs qu’ils devraient, pour lutter contre le réchauffement climatique, tirer « un trait sur les modèles de production qui existent depuis des siècles puisque produire, c’est émettre du CO2 ». Inventer un capitalisme décarboné, dont les solutions techniques leur coûteront plus cher, et feront disparaître des milliers d’emplois, obligeant ainsi des milliers de salariés à changer de métier. Le tout dans un monde où la pénurie de matières premières se fait déjà sentir…

    Bruno Le Maire très applaudi

    Cet exposé délivré sans que son auditoire ne bronche, Roux de Bézieux a déploré, antienne bien connue, ce problème « structurel de recrutement » dont souffrirait notre pays, parce que son taux d’emploi reste inférieur à celui de l’Allemagne. L’occasion, C.Q.F.D., de dénoncer un système d’assurance chômage « complexe et coûteux » qui découragerait la reprise du travail.

    Un message reçu 5 sur 5 par Bruno Lemaire, très applaudi pour le soutien apporté aux entreprises  : aux patrons, le ministre de l’Économie a promis que la réforme de l’assurance chômage, qui réduira fortement les indemnités des précaires alternant contrats courts et période de privation d’emploi, entrerait en vigueur au 1er octobre prochain. À écouter les participants de l’université du Medef, il apparaît pourtant que ce coup de rabot sur les indemnités ne réglera pas tous les problèmes d’embauche. Et pour cause… Endettement et filières délaissées

    À Marianne, Jean-Eudes Tesson, le Président du conseil d’administration de l’Urssaf, confirme « une reprise dynamique des embauches, sauf dans les secteurs sinistrés ».Il l’explique notamment par le fait que« certaines entreprises ont mobilisé les aides reçues pendant la crise pour investir ».

    Dans son entourage, on note tout de même que si les faillites ont été moins nombreuses pendant la crise du Covid que pendant le confinement, c’est en partie parce que ces dernières ont bénéficié de reports et d’exonérations de charges sociales de l’ordre de 20 milliards d’euros. Un endettement important qui peut peser sur leur redémarrage. Ce d’autant plus que pendant le premier confinement, des milliers de salariés semblent avoir reconsidéré leur avenir professionnel. Et décidé de quitter des métiers comme l’hôtellerie, la restauration, la coiffure, aux horaires extensibles pour des rémunérations médiocres. Les besoins réels et les freins aux recrutements varient donc fortement d’un secteur l’autre, indépendamment du niveau des indemnités versées aux chômeurs.

    Salaires trop modestes

    Lionel Brunet, actif dans l’éclairage public, n’éprouve lui aucun besoin d’embaucher. « Nous avons fait le dos rond en 2020, mais nous n’avons pas encore retrouvé notre niveau d’activité 2021, confie-t-il. Principalement parce que les collectivités locales clientes font du social, de l’environnemental, mais retardent la numérisation de leurs infrastructures, bien que ces investissements réduisent fortement leur consommation d’électricité. » En outre, se désole ce cadre, l’État excepté, moult acteurs auraient pris du retard dans leurs chantiers de rénovation thermique.

    Autre son de cloche, dans le textile cette fois. Tiré à quatre épingles, Dominique Trinquard représente le fabricant d’uniformes Marck et Balsan qui confectionne, entre autres, les habits des Polytechniciens et des Saint Cyriens sur six sites tricolores à Calais et dans l’ouest de la France. « Il est vrai que nous cherchons constamment une dizaine de collaborateurs. Mais le secteur du textile souffre dans notre pays d’une image surannée et de salaires modestes à peine au-dessus du SMIC », reconnaît-il avec franchise. Pour changer la donne, ce général en retraite espère certes que la réforme de l’assurance chômage poussera des demandeurs d’emploi à postuler dans ces métiers. Mais il suggère aussi au gouvernement d’actionner un autre levier  : « Des critères de responsabilité sociale d’entreprise sur des marchés publics plus nombreux, permettraient à des fabricants produisant en France de remporter plus d’appels d’offres, au nez de leurs concurrents qui ne respectent pas ces normes argumente-t-il. Ce, en dépit de coûts supérieurs de 10 %. ». In fine, ces entreprises pourraient alors attirer de nouveaux talents en leur offrant de meilleures rémunérations.

    Profils à recruter trop rares

    Il n’y a pas que le niveau de salaire trop chiche  : trop souvent, la révolution numérique en cours dans l’économie les oblige à se disputer de trop rares talents d’ingénieurs, d’informaticiens qui croulent sous les offres d’embauche, parce que ces filières de formation n’ont pas su anticiper cette demande.

    Président de Jouve, une société de services numériques et d’impression, Thibault Lanxade vient de remporter aux États-Unis un contrat de plus d’1,4 milliard de dollars pour la numérisation de brevets. « Les talents dont je vais avoir besoin ne pointent pas à Pôle Emploi » opine-t-il. Selon lui, malgré le déploiement du télétravail, les salariés sont encore rares à postuler auprès d’entreprises éloignées de leur domicile pour lesquelles ils pourraient cependant rester à distance.

    Négociations à la traîne

    Invité aux débats du Medef, Cyrille Chabanier, nouveau président de la CFTC, juge que le gouvernement aiderait fortement les entreprises à recruter, en valorisant, comme cela leur a été promis en avril, les compétences des salariés de deuxième ligne, exposés pendant la pandémie – éboueurs, chauffeurs, personnels de sécurité, de commerce. « Les partenaires sociaux ont travaillé sur le sujet, évoqué primes désocialisées et défiscalisées. Las, les négociations dans les entreprises ne sont pas encore engagées, déplore le dirigeant syndical qui estime qu’imposer une réforme de l’assurance chômage pénalisant les précaires au moment même ou le gouvernement débranche les aides, « c’est jouer avec le feu, tant ceux qui perçoivent 800-900 euros d’indemnité ont besoin de la totalité de leur allocation pour manger  ! »

    Cela risque aussi de nourrir un sentiment d’injustice qui préoccupe le cercle des entrepreneurs chrétiens (EDC), présidé par Philippe Royer, le dirigeant de Seenovia-Seenergi, spécialisé dans la transition écologique. « Dans notre pays, trop de gens ont l’impression que tout est foutu ou ont été anesthésiés par la société de consommation, développe Royer. Nous devons traiter les fractures sociales en incluant dans le monde du travail, tous ceux qui en ont été exclus, réinventer une frugalité heureuse ».

    Le retour du social

    Au sein de l’EDC, on milite pour un meilleur partage de la valeur créée dans les entreprises. Signe d’un frémissement dans les cercles dirigeants, ce jeudi 26 août, Philippe Royer rejoindra d’ailleurs, comme nombre de membres du CDJ, le cercle des jeunes dirigeants, une nouvelle université d’été qui a le vent en poupe et se tiendra à la cité universitaire, à Paris  : l’Université de l’économie de demain portée par le mouvement Impact France, né de la fusion du Mouvement des entrepreneurs sociaux, des entreprises de l’ESS (économie sociale et solidaire) et du réseau Tech for good.

    Ces participants proposent entre autres, d’instaurer un index d’impact écologique et social pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés. Et de faire de l’impact écologique et social, la clé de voûte de la commande publique. Sont attendus Emmanuel Faber l’ex dirigeant de Danone, Barbara Pompili, la ministre de la transition énergétique, la secrétaire d’État chargé de l’économie sociale, Olivier Grégoire et le candidat écologiste Yannick Jadot. Geoffroy Roux de Bézieux a même été invité, le 27 août, à une table ronde sur « la transition juste ».

    à suivre dans MARIANNE.fr

    Polémique sur l’allocation de rentrée scolaire : sur France 2, Jean Castex se désolidarise des propos de Jean-Michel Blanquer

    Invité de l’émission « On est en direct », le premier ministre a assuré que le gouvernement ne cherchait pas à « contrôler » l’utilisation de cette allocation qu’il juge « utile ».

    Jean Castex a dû revenir sur les propos polémiques du ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, qui avait suggéré que l’allocation de rentrée scolaire (ARS) était parfois destinée à l’achat d’« écrans plats ». Invité de l’émission « On est en direct » sur France 2, le premier ministre a assuré, samedi 4 septembre, qu’il n’était pas dans « l’esprit » du gouvernement de « contrôler » l’utilisation de cette allocation.

    « On ne va pas aller regarder s’ils [les allocataires] ont acheté du matériel scolaire avec d’autres revenus que cette allocation… C’est impossible à contrôler, ce n’est pas notre esprit, a-t-il déclaré. L’objectif, c’est de soutenir, c’est une mesure de pouvoir d’achat destinée à des familles pauvres ou dans le besoin. C’est une allocation utile. »

    Interrogé dimanche dernier sur la proposition d’une députée de verser l’ARS sous la forme d’un bon d’achat, M. Blanquer avait estimé qu’il s’agissait d’une « idée intéressante », méritant « d’être étudiée ». « On sait bien, si on regarde les choses en face, que parfois il y a des achats d’écrans plats plus importants au mois de septembre qu’à d’autres moments », avait ajouté le ministre de l’éducation sur France 3, avant de réitérer ses propos dans la semaine.

    Olivier Véran prend ses distances

    Ces affirmations ont provoqué un tollé de l’opposition, l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot les qualifiant de « totalement irresponsables ». Elles ont également créé des tensions au sein de la majorité. Alors qu’Emmanuel Macron est allé dans le sens de son ministre de l’éducation, jeudi, le ministre de la santé, Olivier Véran, a pris ses distances vendredi avec son collègue, en rappelant que c’était son ministère qui distribuait cette allocation.

    « Peut-être qu’il y a une partie de cet argent (…) qui ne sert pas qu’à acheter du matériel scolaire pour les enfants. Et alors ?, a lancé M. Véran sur France Bleu. Ceux qui perçoivent cette allocation, c’est par définition des familles qui touchent moins de 1 500 euros net par mois, avec enfant. (…) Ce sont des familles [où on] ne remplace pas un cartable parce que c’est la rentrée, mais parce [qu’il] est usé, cassé. »

    « Je ne suis pas choqué que des familles puissent utiliser une partie de ces allocations pour payer une facture d’électricité qui traînait, pour prendre un peu plus d’essence pour partir en week-end ou pour décider de faire le plein d’un certain nombre d’aliments qui vont pouvoir agrémenter les repas de famille qui ne sont pas (…) festifs au quotidien », a-t-il conclu.

    L’ARS, qui aide les parents aux revenus modestes à payer cartables et autres fournitures, a été versée en août à trois millions de familles. Attribuée sous conditions de ressources, cette allocation s’élève cette année à 370,31 euros pour les enfants de 6 à 10 ans, à 390,74 euros pour les enfants de 11 à 14 ans, et à 404,28 euros pour les adolescents de 15 à 18 ans.

    à suivre dans LE MONDE.fr

    Macron à Marseille, une "reconquête républicaine" aux airs de campagne

    Le chef de l’État se rend dans la cité phocéenne pour annoncer un grand plan d’urgence. Mais pas seulement.

    POLITIQUE - “C’est la première fois que le président restera trois jours dans une même ville”. À la veille du déplacement d’Emmanuel Macron à Marseille prévu ce mercredi 1er septembre, l’entourage du chef de l’État insistait sur “la relation très particulière” voire “l’affection et l’attachement” entretenus par le chef de l’État à l’égard de la cité phocéenne, laquelle abrite son “club de cœur” : l’Olympique de Marseille.

    Preuve de son volontarisme assumé dans cette ville minée par des années de gestion défaillante et rongée par la criminalité liée aux trafics de drogue, le chef de l’État embarque avec lui Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti, Jean-Michel Blanquer, Jacqueline Gourault, Jean-Baptiste Djebbari, Annick Girardin et Bérangère Abba. Une impressionnante cohorte de ministres témoignant de la volonté présidentielle de “soutenir” les projets en cours dans la ville et la métropole. Car, selon un conseiller élyséen, hors de question de donner l’impression de marcher sur les plates-bandes de Benoît Payan.

    “Ce n’est pas Paris qui vient gérer Marseille”

    “Ce n’est pas Paris qui vient gérer Marseille. Il s’agit de venir appuyer les projets des collectivités territoriales, en apportant des capacités financières et d’ingénierie”, prévient-on au château. Pour ce faire, et au regard des multiples “signaux d’alerte” accumulés par la ville, le chef de l’État interviendra sur de nombreux sujets, à commencer dès mercredi par celui -brûlant- de l’insécurité. Une séquence au cours de laquelle le locataire de l’Élysée entérinera le renfort de 300 policiers promis il y a quelques mois par Gérald Darmanin.

    Ce qui, vu de l’Hôtel de Ville, paraîtra forcément insuffisant. Dès le mois de février, le maire socialiste en réclamait trois fois plus. Sept mois plus tard, le constat n’a pas vraiment changé. “Il manque 800 policiers”, a déclaré Benoît Payan à l’AFP, lequel demandait récemment la création d’un “parquet spécial” à Marseille. “On ne tape pas des trafics de cette dimension-là avec des moyens qui ne sont pas à la hauteur”, plaidait-il sur franceinfo lundi 23 août. Du côté de l’Élysée, on promet des annonces sur le plan des moyens, tout en réservant au chef de l’État le soin de les dévoiler une fois sur place.

    Autre volet central de ce déplacement marseillais placé sous le signe de la “reconquête républicaine”, les écoles, dont certaines “sont dans un état pitoyable” selon l’aveu même du recteur de l’académie Aix-Marseille. De son côté, le maire de la ville a annoncé un grand plan de rénovation estimé à 1,2 milliard d’euros. Un vaste chantier sur lequel Emmanuel Macron entend bien investir.

    “Il n’est pas possible que la République offre comme premier visage à ses enfants celui des écoles délabrées”, justifie l’Élysée, précisant que le chef de l’État s’exprimera jeudi sur le dossier, en marge notamment de la visite de l’école élémentaire Bouge, situé dans le 13e arrondissement de Marseille, au sein des “quartiers nord”. Emmanuel Macron compte également se pencher sur la question du logement à Marseille, dont le drame de la rue d’Aubagne a révélé l’incurie ainsi que sur le sujet de la mobilité urbaine, autre dossier sur lequel la cité phocéenne affiche un sérieux retard.

    Le lendemain, le chef de l’État consacrera son dernier jour au “rayonnement” d’une cité phocéenne qu’il rêve en “capitale de la Méditerranée” ainsi qu’à la question environnementale, avec une sortie en mer dans le parc national des Calanques et l’ouverture du Congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Autant de séquences qui permettront à Emmanuel Macron d’envoyer des cartes postales, à l’heure où les candidatures pour 2022 se multiplient en cette rentrée politique.

    Occuper le terrain

    Car si la situation marseillaise mérite largement une attention particulière de la part du chef de l’État, difficile de ne pas voir dans ce déplacement une façon opportune d’occuper le terrain sur des thématiques qui seront au cœur de la campagne présidentielle, de la sécurité au logement en passant par l’éducation et l’écologie.

    Une façon de joindre l’utile à l’agréable assumée par un proche d’Emmanuel Macron cité par Le Parisien. “Au moment où tous ses adversaires s’enferrent dans les primaires, lui va poser les enjeux du débat présidentiel depuis Marseille”, souffle cette source.

    Autre signe laissant penser que le locataire de l’Élysée compte bien tirer un bénéfice de cette séquence intervenant à huit mois de l’élection présidentielle, le refus catégorique de son entourage d’en dire trop sur les annonces et sur les chiffres qu’il entend dévoiler sur place. Une manière de ménager le suspense et s’assurer une série d’alertes façon “Macron annonce”, permettant de répondre à l’agitation médiatique des (très) nombreux candidats qui se bousculent en cette fin d’été au portillon de sa succession.

    Le format du déplacement, qui laissera un espace à l’échange spontané avec des habitants -un exercice qu’il apprécie- augure également son lot de séquences diffusées en direct sur les réseaux sociaux et sur les chaînes d’information en continu. Comme en temps de campagne en somme.

    à suivre dans HUFFPOST

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