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ARTICLES DE PRESSE


L’actualité, accessible à tous, envahit la toile et les médias dans leur ensemble, Radio, TV et Net confondus. Hebdomadaires et magazines offrent de leur côté des synthèses orientées, destinées à interpeller.

Club Espace 21 pour sa part n’intervient qu’occasionnellement en proposant une revue de presse "choisie et parfois commentée", en lien avec les sujets et les thèmes abordés par Club Espace 21, présentée dans cette rubrique.

Une actualité "commentée"

Un titre peut être factuel sur un événement, des données, des statistiques ou sur un sondage. Un avis ou une interprétation peut alors nous inciter à réagir et faire l’objet d’un commentaire de CE21 dans la rubrique « les avis des lecteurs ».

Octobre 2021


    Présidentielle : le jeu d’équilibriste de la Cour des comptes pour peser dans le débat public

    La Cour des comptes a démarré ce jeudi la publication d’une douzaine de notes qui vise à alimenter le débat public avant l’échéance d’avril 2022, même si son premier président, Pierre Moscovici, assure que l’institution restera éloignée de la campagne électorale proprement dite.

    Attention, terrain glissant. Avec le démarrage ce jeudi de la publication d’une douzaine de notes sur « les grands enjeux auxquels il sera essentiel de s’atteler dans les cinq ou dix ans à venir », la Cour des comptes se lance dans un délicat jeu d’équilibriste : pousser sa voix suffisamment haut pour se faire entendre et peser avant la présidentielle , sans verser dans le jeu partisan et être accusé de rouler pour certains candidats . « Il n’est pas question de participer à la campagne électorale. Mais la Cour peut être plus présente dans le débat public et dans une temporalité plus proche des décisions », assure Pierre Moscovici, le premier président de l’institution.

    Ce jeudi, une première salve de notes - synthèses actualisées de rapports produits ces derniers temps par les magistrats financiers - est sortie, centrée autour de la très sensible question des retraites , de la gestion de la justice, de la réforme des universités et de la transition agroécologique. Huit autres (sur la politique énergétique, le logement, etc.) suivront d’ici à début décembre. « La publication s’arrêtera avant la campagne électorale proprement dite. On aurait pu tout publier après l’élection, mais on ne voulait pas donner l’impression de faire la leçon au nouvel élu », se justifie l’ancien commissaire européen.

    Ligne de crête

    C’est la première fois que la Cour se livre à un tel exercice avant l’échéance présidentielle. « L’information des citoyens fait partie de sa mission constitutionnelle. Dans le contexte actuel où le ’quoi qu’il en coûte’ n’en finit pas , si la Cour des comptes ne met pas en avant certaines thématiques, personne ne le fera », juge François Ecalle, ancien magistrat à la Cour et désormais responsable du site spécialisé Fipeco.

    Pour autant, cette incursion préprésidentielle fera sans doute tousser certains décideurs. « On est sur une ligne de crête. C’est en effet une forme de pression dans l’atmosphère politique, même si c’est pour la bonne cause de mon point de vue », reconnaît Eric Woerth, président (LR) de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

    Pour désamorcer ces critiques, la Cour a pris bien soin que ces notes suivent une méthodologie similaire à ces rapports traditionnels, adoptés à l’issue d’une délibération collégiale. « C’est important, ça désamorce le risque qu’on y voit une façon pour Pierre Moscovici de continuer à peser dans le débat politique », estime un bon connaisseur de la maison. En guise de défense, l’ancien ministre des Finances de François Hollande insiste sur le fait que « ces notes ne sont pas prescriptives, avec plusieurs leviers possibles sans enfermer les choix ». Ceci n’empêche pas la Cour de poser comme incontournable une réforme paramétrique des retraites, ce qui fera sans doute hurler certains candidats à la présidentielle.

    Ces notes n’ont-elles vocation qu’à nourrir le fameux « cercle de la raison », théorisé en 1995 par Alain Minc pour promouvoir la candidature d’Edouard Balladur, et ce alors que Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, juge qu’Emmanuel Macron doit être le « candidat de la raison » ? « Nous ne roulons pas pour alimenter telle ou telle équipe, répond Pierre Moscovici. En revanche, si nous pouvons contribuer à ce que la raison prévale dans une époque marquée par les caricatures et la désinformation, nous le ferons. Nous voulons contribuer à la qualité du débat public qui en a besoin. »

    Ouvrir une « institution plutôt frileuse »

    Ces notes s’inscrivent dans une vaste réforme voulue par l’ancien commissaire européen pour rendre la Cour plus agile et plus en phase avec le débat public. Celui-ci estime que le choix récent du major de l’ENA de choisir la Cour pour sa sortie de l’école témoigne de la nouvelle attractivité gagnée par l’institution.

    Ce n’est pourtant pas la première tentative pour ouvrir une « institution plutôt frileuse », selon un de ses membres, Philippe Séguin s’y étant essayé lui aussi il y a quinze ans. « Finalement, le principal risque avec ces notes présidentielles, c’est d’aboutir à un exercice inodore et sans saveur », estime le bon connaisseur de la maison. « Je préfère qu’on soit accusé d’être un robinet d’eau tiède plutôt que partisan. Mais je pense que nous pouvons être ni l’un ni l’autre », estime Pierre Moscovici.

    à suivre dans LES ECHOS.fr

    France 2030 : la (très) timide conversion de Macron à la relance de l’industrie

    Le président de la République a dévoilé les grandes lignes de son plan d’investissement dans l’industrie à l’horizon 2030. Problème  : celui-ci est sous dimensionné financièrement et ne répond pas aux problèmes de concurrence à l’intérieur de la zone euro.

    Le télévangéliste Macron était de sortie ce mardi 12 octobre. À l’Élysée, face à un parterre d’experts et d’étudiants, il a déroulé durant plus d’une heure et demie sa vision du monde et de l’industrie pour les dix prochaines années. Parfois lénifiante, la longue présentation du plan « France 2030 » du chef de l’État n’en révèle pas moins sa conversion – au moins dans le discours – à la relance de l’industrie. Lui qui avait pourtant laissé filer ces dernières années des entreprises stratégiques comme Alstom et Technip aux mains des Américains.

    Finis donc les discours dépassés sur la résilience contrainte face à une mondialisation inéluctable auxquels plus personne ne croit – la crise sanitaire ayant montré à l’opinion publique et même aux élites la nécessité de réindustrialiser le pays. Ainsi, Macron avance désormais qu’il souhaite « relocaliser et rebâtir un début de souveraineté ». « C’est frappant à quel point le discours du chef de l’État a changé du tout au tout depuis la crise sanitaire », note François Geerolf, économiste à UCLA, qui salue toutefois ce virage politique à « 180 degrés » vers plus de souveraineté industrielle.

    Une demi-journée de PIB par an pour l’industrie !

    Au menu de son plan : des investissements dans le nucléaire, l’hydrogène vert, la décarbonation de l’industrie, les start-up, l’avion bas-carbone, les véhicules électriques, les bio-médicaments, le secteur spatial, l’agriculture et l’agroalimentaire, l’exploration des fonds marins et les semi-conducteurs. Le Macron nouveau qui revêt ses habits de planificateur veut croire que « le rêve est possible » et aimerait que tous les acteurs privés et publics se mettent en « mode commando ».

    Mais il ne convainc pas. Pour quelles raisons ? D’abord la très faible ambition financière de son plan. En effet, il est pour l’instant chiffré à seulement 30 milliards d’euros sur neuf ans (d’ici 2030) soit un peu plus de 3 milliards par an. Cela représente seulement… 0,15 % du PIB chaque année ! Autrement dit, la France consacrera une demi-journée de création de richesse par an à la relance de ses industries stratégiques. C’est très peu. Pis, si l’on regarde dans le rétroviseur, on constate que le plan de relance de 100 milliards d’euros de septembre 2020 et le plan d’investissement de 57 milliards d’euros du début du quinquennat étaient bien plus ambitieux, alors même qu’ils n’ont pas été reconnus pour leur caractère démesuré.

    Déception sur le nucléaire

    Quels que soient les enjeux, l’exécutif reste en fait arc-bouté sur ses vieux principes de maîtrise des déficits et de la dépense publique sur le long terme, quand bien même la dépense serait des plus productives. « Je n’ai jamais pensé que l’on pouvait construire l’avenir du pays à crédit ou à découvert » a réaffirmé le chef de l’État ce mardi 12 octobre.

    Sur le nucléaire par exemple, l’ambition du plan a dû en décevoir plus d’un : seulement 1 milliard d’euros sera débloqué sur 10 ans pour soutenir le développement, entre autres, des Small modular reactors (SMR), ces mini-réacteurs d’une puissance dix fois moins qu’un réacteur classique, censés représenter le nucléaire du futur pour la France. C’est à peine plus de 100 millions d’euros par an. Alors que le budget annuel de la R&D publique pour le nucléaire dépasse les 700 millions d’euros, tout comme le budget R&D d’EDF. Les défenseurs des énergies renouvelables seront encore plus déçus : le plan ne leur consacre que 500 millions d’euros d’ici 2030.

    Quelle souveraineté ?

    « France 2030 » est donc davantage politique qu’ambitieux. Mais l’économiste François Geerolf concède tout de même qu’il y a dans ce plan un meilleur ciblage des secteurs stratégiques. « Jusqu’ici, la politique industrielle consistait à créer des niches fiscales de manière totalement horizontale, sans différenciation entre secteur de l’économie. » Ainsi se sont imposés dans le paysage français des dispositifs comme le crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE) ou le crédit d’impôt recherche (CIR), qui ont tous les deux montré leur coût très élevé pour les finances publiques et leur inefficacité, comme l’expliquent deux études de France Stratégie ici et là. De l’argent public qui est venu gonfler les marges des plus grandes entreprises, sans que la France ne se réindustrialise pour autant. Dès lors, pourquoi ne pas réduire la voilure sur ces dispositifs, tout en réorientant les fonds vers les secteurs industriels dits stratégiques ? Hélas, de cela, il n’a pas été question dans les annonces du chef de l’État.

    Dernier grief, Emmanuel Macron ne tranche pas véritablement entre souveraineté industrielle française et européenne. Il compte faire les deux. Mais n’est ce pas un vœu pieux ? Car les intérêts divergent entre pays européens. En effet, « si l’Europe est en réalité surindustrialisée par rapport au reste du monde, avec lequel elle a un surplus commercial. En revanche, la France, elle, est désindustrialisée », rappelle François Geerolf. Emmanuel Macron espère-t-il que la France fasse cavalier seul pour son industrie ; où qu’elle laisse, comme c’est le cas jusqu’ici, ses entreprises subir la loi de leurs concurrentes allemandes, notamment, qui leur sont supérieures ? Sur ce point, « Emmanuel Macron reste ambigu », s’inquiète l’économiste.

    à suivre dans Marianne.fr

    Dix pays européens, dont la France, lancent un plaidoyer en faveur du nucléaire

    « Nous, Européens, avons besoin du nucléaire ! » Tel est le titre de la tribune signée notamment par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, et la ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, publiée dans plusieurs journaux dont Le Figaro.

    La France fait partie des signataires. Dix États membres de l’Union européenne ont publié ce dimanche une tribune soutenant l’énergie nucléaire, soulignant notamment qu’elle a un rôle à jouer contre le réchauffement climatique. Signé par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et la ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, ce texte fait également valoir que le nucléaire « contribue de manière décisive à l’indépendance de nos sources de production d’énergie et d’électricité ».

    Outre la France, il a été signé par la Roumanie, la République tchèque, la Finlande, la Slovaquie, la Croatie, la Slovénie, la Bulgarie, la Pologne et la Hongrie. Les signataires affirment que l’énergie nucléaire « protège les consommateurs européens de la volatilité des prix », alors que les tarifs du gaz sont en forte hausse depuis plusieurs mois par exemple, dans cette tribune publiée dans plusieurs journaux européens, dont Le Figaro.

    Ils considèrent donc « absolument indispensable que l’énergie nucléaire soit incluse dans le cadre de la taxonomie européenne avant la fin de cette année », c’est-à-dire dans la liste des énergies considérées comme vertueuses à la fois pour le climat et l’environnement que la Commission doit proposer dans les prochains mois. Cette classification ouvrira l’accès à la finance verte et donnera un avantage compétitif aux filières reconnues.

    Un sujet qui divise

    Le sujet divise les États membres. Si la France, la Pologne et la République tchèque défendent l’atome, des pays comme l’Allemagne et l’Autriche y sont farouchement opposés, à l’instar de nombreuses ONG qui y voient une technologie risquée.

    Les signataires de la tribune vantent par ailleurs l’intérêt économique de l’industrie nucléaire, dont le développement pourrait, selon eux, « générer près d’un million d’emplois très qualifiés en Europe ».

    Pour la France, cette tribune est l’occasion de mettre en avant son choix de miser sur le nucléaire, sujet à de nombreux débats, à deux jours du dévoilement par Emmanuel Macron du plan d’investissement de plusieurs dizaines de milliards d’euros « France 2030 », où cette industrie devrait figurer en bonne place. Le chef de l’État est notamment attendu sur la question du développement des petits réacteurs nucléaires, dits SMR (« small modular reactors »).
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    Pandora papers : Bercy vérifie si des résidents fiscaux français ont fraudé

    Plusieurs dirigeants sont notamment mis en cause par ces révélations sur un vaste système d’évasion ou d’optimisation fiscale à travers le monde.

    Bercy a lancé des vérifications concernant la présence ou non de résidents fiscaux français parmi les personnes épinglées dans les Pandora papers, a indiqué mardi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, disant ne pas pouvoir se prononcer sur ce sujet à ce stade.

    « Si des résidents fiscaux français devaient être impliqués dans des schémas d’optimisation abusifs, la direction générale des finances publiques, à ma demande, engagerait sans aucun délai des démarches nécessaires en lien avec la justice pour récupérer toutes les sommes dues », a-t-il précisé dans une déclaration transmise à l’AFP.

    Les révélations Pandora papers, qui s’appuient sur quelque 11,9 millions de documents provenant de 14 sociétés de services financiers, ont mis au jour plus de 29.000 sociétés offshore. L’opacité entourant ces sociétés situées dans des pays ou territoires à la fiscalité très avantageuses peut être utilisée afin de dissimuler des actifs financiers et de frauder l’administration fiscale.

    Selon le journal Le Monde, 600 Français apparaissent dans l’enquête des Pandora papers. Or ces derniers peuvent être résident fiscaux d’autres pays.

    Le Premier ministre tchèque Andrej Babis, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair ou le roi de Jordanie Abdallah II ont été éclaboussés par ces nouvelles révélations. L’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, aurait lui fait transiter plusieurs millions de dollars d’honoraires de conseil à des entreprises par une société marocaine exempte d’impôts.

    Référence : article du 03/10/2021

    « Pandora Papers » : plusieurs chefs de gouvernement mis en cause pour évasion fiscale

    Le Premier ministre tchèque Andrej Babis, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair ou encore le roi de Jordanie Abdallah II sont éclaboussés par ces nouvelles révélations.

    C’est le fruit de plusieurs mois de travail. Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), dont font partie 150 journaux, dont Le Monde et France info en France, a publié ce dimanche une première enquête après avoir eu accès à 12 millions de documents. Les « Pandora Papers » – c’est le nom qui a été donné à cet ensemble de documents – révèlent la façon dont des puissants de ce monde, parmi lesquels des responsables politiques, des chefs d’Etat et des milliardaires investissent via les paradis fiscaux. 600 Français sont concernés.

    L’enquête de l’ICIJ épingle plusieurs dirigeants politiques : le Premier ministre tchèque Andrej Babis qui a fait l’acquisition d’un luxueux château dans les Alpes-Maritimes « par le biais d’une cascade de sociétés offshore » ; l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair qui avec sa femme a acheté un immeuble via des parts dans une société similaire ; le roi de Jordanie, Abdallah II à la tête d’un véritable empire immobilier dans le monde à travers une trentaine de sociétés-écrans…

    Le président chypriote Nicos Anastasiades, le président congolais Denis Sassou Nguesso, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, l’ancien Commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs John Dalli, le président du Monténégro ou encore le président gabonais Ali Bongo sont également cités par ces médias. L’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn aurait lui fait transiter plusieurs millions de dollars d’honoraires de conseil à des entreprises par une société marocaine exempte d’impôts. Shakira également éclaboussée

    Au total, des liens ont été établis par l’ICIJ entre des actifs offshore et 336 dirigeants et responsables politiques de premier plan, qui ont créé près de 1 000 sociétés, dont plus des deux tiers aux Iles Vierges britanniques. Parmi les personnalités exposées, se trouvent également la chanteuse colombienne Shakira, le mannequin allemand Claudia Schiffer ou la légende indienne du cricket Sachin Tendulkar.

    Dans la plupart des pays, ces faits ne sont pas susceptibles de poursuites. Mais dans le cas des dirigeants, l’ICIJ met en parallèle le discours anti-corruption tenu par certains d’entre eux avec leurs placements dans des paradis fiscaux.

    Titanesque, l’enquête n’est qu’à ses débuts. De manière coordonnée, les médias de l’ICIJ vont publier d’autres révélations liées aux « Pandora Papers » dans les prochains jours. Serait aussi concernée par ces documents, selon Le Monde, « une poignée d’hommes politiques français, souvent murés dans le silence au moment d’expliquer la raison d’être de leurs sociétés offshore ».

    à suivre dans Le Parisien.fr

    Sondage présidentielle 2022 : Emmanuel Macron en position de force à six mois de l’élection

    EXCLUSIF - Le chef de l’Etat est crédité de 24 à 28 % des intentions de vote dans le nouveau baromètre PrésiTrack OpinionWay pour « Les Echos », lancé ce jeudi. A 10 %, Eric Zemmour pénalise assez peu la droite, toujours donnée éliminée au premier tour. Le scrutin ne passionne pas encore les Français.

    L’élection présidentielle n’est pas dans les têtes : 52 % des Français ne s’y « intéressent pas encore ». Et c’est peu dire, surtout, que le paysage est aussi mouvant qu’incertain, avec une fluidité plus grande des électorats que par le passé. Mais à six mois du scrutin, la photographie de l’opinion dans la première édition du baromètre PrésiTrack OpinionWay pour « Les Echos », Radio Classique et CNews est clairement à l’avantage d’ Emmanuel Macron .

    Selon les hypothèses à droite, le chef de l’Etat y est crédité de 24 à 28 % des intentions de vote. Et, dans tous les cas, en position de force. Plus d’un électeur sur trois (35 %) et même la quasi-totalité de ceux qui se disent sympathisants d’En Marche (93 %) pensent qu’il remportera la course en 2022, contre à peine 13 % pour Marine Le Pen et 11 % pour Xavier Bertrand. « Emmanuel Macron bénéficie de la posture classique du président assez loin de l’élection : il apparaît comme un pôle de stabilité. Il est aussi le moins exposé à la concurrence et au risque d’une nouvelle candidature qui pourrait l’handicaper », analyse Bruno Jeanbart, le vice-président d’OpinionWay.

    Si le second tour se déroulait ce dimanche, le chef de l’Etat battrait la candidate du Rassemblement national, par 58 % des voix contre 42 %. Une avance toujours confortable, mais moindre qu’en 2017 (66 % contre 34 %). Emmanuel Macron bénéficie de la très mauvaise passe que traverse Marine Le Pen, fragilisée par son revers cinglant aux régionales et par la menace d’une candidature d’Eric Zemmour, mais aussi du fait qu’elle reste la mieux placée pour se qualifier. A peine 58 % de ses électeurs de 2017 jugent qu’elle peut l’emporter.

    C’est à elle que le polémiste, donné à 10 %, prend aujourd’hui le plus de voix. S’il descendait dans l’arène, la députée du Pas-de-Calais obtiendrait 20 % des suffrages exprimés, et Xavier Bertrand, 15 %. Sans lui, elle serait à 25 %, le patron des Hauts-de-France ne dépassant pas 16 %. Ce dernier ne fait d’ailleurs guère mieux que Valérie Pécresse , à 15 % si elle portait aujourd’hui les couleurs de la droite, quand Michel Barnier, qui souffre d’un déficit de notoriété, est distancé, avec 9 %.

    « La surprise, c’est qu’Eric Zemmour pioche très peu, pour le moment, dans l’actuel électorat de droite », souligne Bruno Jeanbart. Ce qui ne l’empêche pas de séduire 11 % des électeurs de François Fillon à la présidentielle de 2017. L’ancien chroniqueur réalise en outre un faible score dans les catégories populaires : 7 % contre 40 % pour la figure de proue du RN. « C’est un handicap énorme », note le vice-président d’OpinionWay, selon lequel les Français qui ne s’intéressent pas aujourd’hui à 2022 (parmi lesquels 6 ouvriers et employés sur 10) « feront en réalité le scrutin ».

    L’enjeu du pouvoir d’achat

    Alors que les candidats croisent essentiellement le fer sur l’immigration , c’est le pouvoir d’achat qui est en tête des préoccupations des Français. Cette thématique est placée « parmi les enjeux qui compteront le plus » par 48 % des personnes interrogées (qui pouvaient en citer plusieurs). Juste devant la sécurité (46 %) et la protection sociale (43 %). « Les thématiques économiques reviennent au premier plan. Elles sont souvent le grand marqueur de la présidentielle mais, en 2017, c’était l’emploi », qui n’est qu’à la septième place (à 33 %), relève Bruno Jeanbart, y voyant « une rupture ».

    Tous les candidats de la gauche en dessous de 10%

    Si la sécurité est plébiscitée à droite et au RN, les préoccupations sur le pouvoir d’achat, portées par la montée des prix de l’énergie , sont plus fortes dans l’électorat de gauche. Sans profiter à la gauche sur le plan électoral, tant elle est éclatée et faible : Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot sont tous deux crédités de 7 à 8 % des voix, Anne Hidalgo de 6 à 7 %, Arnaud Montebourg et Fabien Roussel de 3 % chacun. Cet éparpillement est, pour Emmanuel Macron, un autre avantage.

    à suivre dans LES ECHOS.fr

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