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Progrès et innovation

Oser parler de l’avenir du nucléaire en France !

Hésitations et décisions au gré du « politique »…

octobre 2021


Le débat énergétique n’est plus scientifique et technologique. il est d’abord et avant tout politique et écologique. L’économique n’a plus lieu d’être. Pour se maintenir au pouvoir et faire « semblant de se verdir », il importe pour les gouvernements de découvrir de nouvelles « sources d’énergie perpétuelle », désormais qualifiées de « renouvelables ». La plupart des pays de l’OCDE et de l’Union européenne se sont lancés dans la course. Chacun y voit un moyen de satisfaire le besoin de limiter les émissions de CO2, tout en luttant pour le climat et en protégeant l’environnement. Politiquement, cela parait un atout essentiel pour les majorités au pouvoir. Communication médiatique et affichage avec des experts convaincus sur le sujet complètent le programme. Depuis 2018, Greta Thunberg (18 ans cette année) est devenue la référence mondiale.

L’Allemagne se retrouve dépendante du gaz russe

Après le recul allemand en matière d’énergie nucléaire, le retour au charbon s’est avéré l’une des solutions les plus sûres en Allemagne. La chancelière Angela Merkel s’est envolée dans une action exceptionnelle de protection de l’environnement. Un exploit bien « vert », par trop relaté. Conséquences : fermeture progressive des centrales nucléaires et construction hâtive de 4 centrales à charbon, dites « ultra-modernes » et, dira-t-on, bien moins polluantes que les nombreuses anciennes « charbonnées » toujours en activité ! C’est l’échec caché mais réel du parc éolien allemand (grande partie maritime) et les timides progrès du solaire avaient contraint l’Allemagne à importer de l’électricité en France. Fessenheim s’en flattait.

Au passage rappelons qu’à ce jour l’émission de CO2 par KW/h est x6 plus importante en Allemagne qu’en France avec le nucléaire ! L’Union européenne ne trouve rien à dire...

Allemagne : des choix politiciens au détriment de l’UE ? – source : clubespace21.fr


Doit-on en conclure que c’est la raison pour laquelle, après l’annonce courant septembre par Gazprom de la finition du gazoduc Nord 2 (Russe), l’Allemagne, avec la complicité masquée des États-Unis trouve là une énergie de substitution. Elle saura surmonter les objections européennes pour la forme et le droit. Les nouvelles élections ne changeront pas la détermination du futur gouvernement allemand avec la complicité de la présidente de la commission européenne. Les pas timides de notre représentant en charge de tout n’y feront rien.

L’avenir du nucléaire en France : oui mais ne le disons pas trop fort…

Sur le fond, en France personne n’est dupe. Les plus acharnés contre le nucléaire ne doutent pas de son importance. « Le nucléaire n’est pas une affaire de parti… » clament les représentants de la majorité qui conviennent que cette énergie est quasiment décarbonée. C’est peut-être une façon de revenir aux yeux de l’opinion sur les accords limitant la puissance nucléaire ? Même le Chef de l’État finit par flatter et vouloir protéger ce patrimoine scientifique, technique et économique français. Aurait-il décidé de revenir sur ces précédentes annonces en vue des « énergies renouvelables » ?

Emmanuel Macron : « Après Fessenheim, 14 réacteurs seront fermés d’ici 2035 » ; « Nous avons une chance historique : le nucléaire » ; « Le nucléaire restera la pierre angulaire de notre autonomie » ; « l’avenir : ce sont les mini réacteurs nucléaires » – source : clubespace21.fr


La liste des hésitations et des séries de décisions au plus haut niveau, exécutif et parlement, illustrent l’imbroglio à la française. En référence au papier de Michel Gay paru dans « Contrepoints » du 21 septembre dernier on peut citer :

La fermeture de Fessenheim et ses conséquences ; les retards sur les reconditionnements des réacteurs en limite d’utilisation ; l’indécision pour la construction de nouvelles centrales nucléaires entrainant à terme une perte de savoir-faire ; l’arrêt des études sur les réacteurs de 4ème génération. Le tout a un goût trop influencé par le « politiquement correct » en cherchant à satisfaire l’ensemble des tendances d’un bout à l’autre de l’échiquier, en France et dans l’Union européenne.

Mais voilà que le Chef de l’État prévoit l’implantation de mini-réacteurs nucléaires SMR (x1), après les REP (X6) et les méga EPR (X10). Ce dernier fonctionne en Chine. Si la technologie est maîtrisée, il n’est pas opérationnel en France !

Conséquences : un abandon programmé d’un nucléaire « upgrade » - source : Marianne


Pour conclure, rappelons le point de vue de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) qui prévoit pour 2050 un doublement de la puissance nucléaire installée sur la planète. Cette augmentation ne serait que de 75% dans le scénario le moins favorable. A en croire nos politiques le maintien du nucléaire à son niveau devra être complété par un énorme développement des sources d’énergies renouvelables actuelles (éolien et solaire). Cela permettrait de les placer à égalité avec la fourniture en énergie du nucléaire inchangée...

Jacques Martineau

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