L’opinion publique et le citoyen moyen ont toujours du mal à porter un jugement juste à propos de personnalités en vue, à travers de la presse, de médias ou de diverses rencontres. L’image perçue, bien travaillée, peut être trompeuse dans les deux sens, positif ou négatif. Chacun est en mesure d’apprécier en référence à lui-même, à son expérience, son statut, son environnement et son opinion face au sujet en question. Le qualificatif, compétent ou incompétent, s’échappe facilement du propos. Il met un terme à toute réflexion.
Un problème essentiel : le choix des responsables et des collaborateurs
Pour parfaire leurs pseudo-réseaux de compétences, toutes les directions privées, publiques ou politiques, n’hésitent plus à s’entourer de collections d’assistants, de conseillers, en tous genres, assimilées à des élites obéissantes, fidèles à la pensée unique, soumises au pouvoir qui les rémunère et qui les récompense. Pour se rassurer, ces détenteurs du pouvoir, sans oser se poser de question sur leur propre compétence, complètent la panoplie en faisant appel à des cabinets de conseil de réputation mondiale à n’importe quel prix. Il leur importe d’assurer leur crédibilité aux yeux de leur communauté.
Sous influence des meilleurs cabinets-conseil internationaux – source : StratMachina
Quelques-uns des « choisis » dans le public et en politique ont été placés délibérément à des postes clés, sans compétence particulière. Par définition, dans leur fonction, avec leurs attributs, ils refusent sans aucun complexe la notion d’incompétence pour juger leur travail et leur participation. Les dosages et les quotas de toutes natures compliquent en apparence les préférences.
Les conséquences du choix de l’inadaptation à la fonction au détriment de la compétence
Pour une partie d’entre eux, ils s’avèrent arrogant et méprisant pour leur entourage subalterne. Flattés par leur nomination, iIs s’opposent à reconnaître un droit à l’erreur quitte à faire preuve de mauvaise foi et à reporter la faute sur d’autres. Ils se surestiment étant incapables de faire la différence entre la connaissance d’un débutant dans la fonction, les acquis d’un vécu et l’expertise.
En cas d’échec, ces collaborateurs, suivant le niveau de la position qu’ils occupent ou le niveau de leur étagère, se défendent en masquant les doutes et les raisons de cet échec. Même s’ils les connaissent, ils font mine de les ignorer. La culture de l’incompétence impose à leur hiérarchie de les protéger en toutes circonstances.
Comprendre l’origine et le chemin parcouru par les élites – montage : clubespace21.fr
Les collaborateurs associés et recrutés, de mêmes origines, ne cessent de se bousculer en répondant à la demande, pour satisfaire leur ambition et leur propre intérêt. L’ambition et la concurrence sont deux importantes sources de motivation et de jalousie. Sans se préoccuper de mettre de côté leur ego, ils altèrent la psychologie des relations à l’origine des conflits. Ainsi, ils contribuent à remplir les multiples fonctions qui s’offrent à eux, sans complexe, sans souci de résultat sauf celui de ne pas déplaire.
En cas de manquement et de persistance, la grande différence entre le public et le privé tient au maintien ou pas dans la fonction. Maintien sous réserve, mutation ou mise à l’écart pour les uns, mutation, départ négocié ou licenciement pour les autres. Les politiques ne se privent d’aucune de ces possibilités pour leurs salariés auxquelles s’ajoutent pour les bénévoles, le départ consenti, la mise à l’écart, le rejet et l’exclusion.
Les décideurs eux-mêmes n’hésitent pas à secouer les étagères pour en mobiliser une partie à des tâches confidentielles et plus masquées. Ils sont d’autant plus nombreux en attente qu’ils se rapprochent du sommet et au plus près du pouvoir exécutif. C’est le principe de la pyramide inversée.
Leur communication révèle les limites de leur influence
Certains sont flattés par la confiance dont ils font l’objet. Un choix délicat que leur dirigeant n’est pas nécessairement capable de mesurer. Peut-être que lui-même a été promu dans les mêmes conditions. C’est alors que ces nouveaux choisis se retrouvent comme porte-parole officieux ou officiels.
Communiquer est un « Art » à n’utiliser qu’à bon escient – montage : clubespace21.fr
Les privilégiés retenus sont destinés à tâter le terrain, à tester une idée incongrue, à faire passer des messages même contradictoires et à démentir si nécessaire leurs propos. Ils servent souvent à couvrir une décision mal calibrée ou encore à revaloriser l’image d’une organisation défaillante ou de hauts responsables en perte de crédibilité. Analyser les réactions de l’opinion au travers de sondages leur incombe pour intervenir à tout moment pour contrer toute critique dérangeante. C’est l’image publique et dans la presse qui prime. Les limites de leur influence sont très vite repérées.
Jacques Martineau

