L’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) va progressivement bouleverser les habitudes, les règles de fonctionnement et de gestion dans les grandes organisations du public et du privé qu’il s’agisse de grands groupes, d’entreprises importantes ou d’administrations. Il devient urgent de tenir compte de l’influence de l’IA sur les schémas organisationnels, les circuits de décisions et bien entendu le choix des responsables. Trop souvent, ces ensembles sont ingérables et rencontrent d’importantes difficultés pour le passage à l’action.
Les processus décisionnels actuels
Pour pallier cette carence et faire face à cette complexité, deux grandes tendances s’affrontent. Certains dirigeants vont se constituer un staff important qui dans l’action interfère avec le système non maîtrisé, rajoutant encore à la complexité des circuits de décisions. C’est là que commence l’erreur. D’autres, au contraire, préfèrent agir et décider seul. L’entourage interfère peu et vient en soutien seulement à la demande.
Anticiper est désormais une des règles fondamentales de la réussite – clubespace21.fr
Souvent l’inertie et la lenteur sont les principaux handicaps avec la perte de motivation des collaborateurs. La visibilité sur le système est réduite à l’appréciation du décideur qui ne peut maîtriser que la partie du système qu’il perçoit ou que l’on veut bien lui montrer, c’est-à-dire celle qui le sert et qui lui sert. Dans les deux cas le paradoxe est clair. C’est pourquoi, délai, complexité et/ou précipitation caractérisent la plupart des comportements et les processus décisionnels aujourd’hui.
L’IA dans les organisations et circuits de décision
L’intelligence artificielle IA va finir par s’imposer dans tous les circuits décisionnels et la gestion opérationnelle. Quels apports et quels risques identifiables à ce jour pour que l’humain en conserve la maîtrise et le contrôle ?
1/ Les apports
L’IA, c’est l’accès immédiat à des données fondamentales et complémentaires. Elle permet comparaison de scénarios et propose des recommandations référencées. 55 % des grandes entreprises européennes l’ont intégrée dans leurs processus. L’intelligence artificielle peut devenir un partenaire au travers de données en temps réel de coopération humain-données numériques. Elle ne substitue pas à la responsabilité de l’interlocuteur.
Le futur de l’intrusion de l’IA dans l’action, c’est maintenant ! – clubespace21.fr
Une contribution à une hausse des profits et une baisse significative des coûts ne sont pas à exclure rapidement. L’automatisation des tâches répétitives libère du temps pour les salariés et leur offrir d’autres opportunités en restructurant les chaînes de validation et raccourcir les circuits de décision. L’objectif est de comprendre en quoi et comment l’IA peut aider à faire des choix et à diriger.
2/ Les risques
Prendre garde et surtout ne pas surestimer systématiquement le résultat algorithmique. Tout excès de l’usage permanent de l’IA se substituant à une réflexion humaine préalable peut être une habitude nuisible pour la qualité du résultat. L’influence sur l’intelligence de l’Humain n’est pas sans conséquences. Cela peut entraîner un repli sur soi. Un comportement personnel qui affecte le relationnel et la capacité d’écoute. Également certains « malins » prétendront qu’ils sont à l’origine des informations ou des initiatives, en s’appropriant les résultats de l’IA.
Les probabilités des risques pour un usage non-maîtrisé de l’IA – clubespace21.fr
L’usage de l’IA, à tous les niveaux, est un atout. Mais la remontée de l’information des actions génératives de solutions est souvent déconnectée des centres de décision. Les patrons et les administrateurs ont une connaissance limitée ou nulle de l’impact de IA dans le grand ensemble et sa responsabilité dans la prise de décision. Comme les experts le rappellent : « Confidentialité, perte d’autonomie, dépendance technologique figurent parmi les principales inquiétudes ; la souveraineté des données devient un sujet stratégique pour une large majorité de dirigeants… »
Conclusion et recommandations
Au regard de la situation actuelle des organisations, si le chemin encore à parcourir est immense, l’IA est déjà présente dans les milieux décisionnels. Nous sommes tous concernés. L’emploi au futur, c’est tout de suite. L’organisation devrait être avant tout une aide pratique à la réflexion, à la maîtrise, au contrôle, à la décision et à l’action. Les fonctions de gouvernance et la nature des circuits de décision seront modifiées. Le gain de temps et l’accès rapide aux données impliquent un suivi de traçabilité. La prise en compte de tous ces facteurs est indispensable pour clarifier les missions, les compétences, les responsabilités, préciser les tâches et les actions. Le rôle de l’humain est essentiel et doit rester prépondérant dans la prise de responsabilité de la décision.
Jacques Martineau
