Au moins trois recours en annulation sont devant le Conseil d’État. Ils fragilisent le cadre juridique de la PPE 3 : « Ils font peser un risque croissant sur les investissements massifs attendus dans l’éolien en mer. » C’est en ces termes que Jean-Louis Butré attire à nouveau l’attention du public à l’occasion de la Programmation pluriannuelle de l’énergie.
Les investissements industriels prévus sont à très haut risque. Tout retard, tout manquement, toute interruption ou tout arrêt définitif sont et seront catastrophiques. Cela ressemble à un non-sens. Il s’agit d’un gigantesque projet éolien à très long terme (2050), « garanti » par l’État, sans référence aux acquis énergétiques. Moins de 10% de l’énergie électrique produite en France en 2025 ! Les sommes engagées et à venir sont considérables.
Avertissements et protestations
Aujourd’hui, mars 2026, la Cour des comptes révèle un dérapage financier majeur. Plus de 110 milliards d’euros ont déjà été consacrés à l’ensemble des énergies renouvelables. Malgré ces alertes, le gouvernement accélère cette politique. C’est reparti pour 25 ans ! L’éolien en mer rassemblera l’essentiel des investissements.
De 27 parcs offshore prévus en 2040 (> 80 éoliennes/parc) à 50 parcs en 2050 pourquoi pas 100 ! – source : Ouest-France
Comme le rappelle Jean-Louis Butré : « de nombreux élus, experts, personnalités et formations politiques ont exprimé de fortes réserves sur la solidité juridique du dispositif, adopté dans des conditions contestées, ainsi que sur ses implications économiques. ». Des industriels, acteurs intéressés par cette manne d’aides financières prévues de l’État appellent à accélérer les appels d’offre des projets éoliens offshore (La Tribune du 26 mars). Autre composante en attente : La filière de l’éolien flottant offshore est dans les starting-blocks.
Autre composante en attente : La filière de l’éolien flottant offshore – source : Ministère de la Transition écologique
Deux parcs en Méditerranée de 20 éoliennes chacun pour l’équivalent ensemble d’un total potentiel de 750 MW (< puissance d’un réacteur nucléaire !). A l’occasion des rencontres internationales du secteur à Montpellier, les Régions Occitanie, Bretagne, Pays de la Loire et Sud ont réaffirmé leur engagement et plaident pour une implication plus forte de l’État. Où va-t-on ?
PPE 3 : trois recours devant le Conseil d’État
C’est le gouvernement, en la personne du premier ministre qui a procédé à la mise en place du PPE3 par décret (2026-76) dans des conditions discutables sans passage devant les parlementaires. Cette procédure et ses conséquences ont entraîné des oppositions et le dépôt de nombreux recours devant le Conseil d’État. C’est l’éolien offshore qui présente le plus d’inquiétudes. Seul argument du gouvernement création hypothétique dans les 5 ans de 33.000 emplois, pour une somme estimée à plus de 30 milliards !
Un PPE3 de 2026-2032 pour un retour de 10% d’énergie consommable – montage : CE21
Sont à l’origine de ces recours des organisations nationales, des Fédérations et des associations de contribuables plus particulièrement Un premier recours a été enregistré le 18 février 2026 à la demande de la Fédération Environnement Durable (FED). Une seconde requête a été déposée le 19 février 2026 par Me William Azan au nom de plusieurs collectifs citoyens et personnalités. Un troisième recours vient d’être introduit par l’association Contribuables Associés.
Tergiversations vers un flou garanti !
La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), feuille de route de la France pour le déploiement du nucléaire et des énergies renouvelables, a fait les frais des gouvernements successifs. Comme le conclut Jean-Louis Butré : « Les tergiversations qui ont marqué la vie politique française ont maintenu la filière de l’éolien en mer dans un flou inconfortable depuis trop longtemps, selon les acteurs du secteur. »
Jacques M.

