La situation en France est catastrophique. Les Français ont pris conscience de l’incapacité de nos gouvernants à réagir efficacement face aux différentes crises économiques, sociales et budgétaires. Tous les secteurs sont concernés. Un parlement à « trois corps », sans majorité est synonyme de chaos en bloquant le système. Les hauts fonctionnaires et les conseillers au service de l’exécutif, du gouvernement et des institutions publiques sont désormais face au mur de l’impasse.
Le choix et la promotion des hauts fonctionnaires
Près de 6 millions de salariés, soit environ 27 % des actifs, travaillent aujourd’hui dans le secteur public. Parmi eux, deux tiers sont fonctionnaires et un tiers sont assimilés, affectés à des secteurs non marchands, sauf quelques cas particuliers. 2,3 millions de cadres ou équivalents sont classés en catégorie « A », toutes directions confondues. Ils représentent un peu plus du tiers des salariés de la fonction publique. Sélectionnés et triés au sein de cette dernière catégorie, les « A+ » constituent ce que la classe politique imagine comme étant par nature une « élite », sorte de cadres supérieurs. Qualifiés de « hauts fonctionnaires » d’État ou de la fonction publique.
Du fonctionnaire dans l’administration au haut fonctionnaire de la haute fonction publique – montage : clubespace 21.fr
Dans souvent avec les mêmes diplômes, les mêmes profils, ils ont les mêmes comportements et les mêmes ambitions. Ils sont considérés par les pouvoirs publics comme les nouveaux « intouchables ». Dans la sphère publique, ils représentent 4,5% de l’effectif des cadres de la fonction publique d’État. Ils sont environ 100000 « hauts fonctionnaires » dont moins de 5000, sont des scientifiques, issus des grandes écoles et des universités. Autour de 12000 ont bénéficié d’une promotion interne. Quelques milliers, avec des parcours différents, issus du privé ou du milieu politique, sont assimilés à des « hauts fonctionnaires ».
Une « élite de l’élite » surdimensionnée, inadaptée dans son ensemble !
Les corps de l’administration ou des divers établissements publics sont envahis de hauts dirigeants et de chargés de mission spéciaux. Ces nouveaux « hauts fonctionnaires » choisis complètent le tableau. Les conseillers politiques sont généralement membres ou en soutien d’un cabinet ministériel, jusqu’à 15 par ministère au maximum d’après les règles d’usage. Considérés comme faisant partie d’une sorte d’« élite de l’élite », les meilleures d’entre elles ou d’entre eux encombrent et dominent au quotidien la fonction publique, étatique et politique. Un chiffre mal connu s’apparente à plusieurs milliers considérés comme appartenant à cette « élite de l’élite ».
Un choix de « l’élite de l’élite » qui n’a jamais été remis en cause – montage : clubespace21.fr
On en retrouve un très grand nombre à la tête et au sein de la direction de grandes institutions ou entreprises publiques. On les chiffre à hauteurs de plusieurs milliers en relation directe et au service du pouvoir et de l’Exécutif. Au-delà de leur motivation liée à l’avenir de la France avec leurs compétences reconnues, ils se préoccupent de faire carrière dans le milieu. En quête d’un pouvoir de position, ils flattent leur « ego » au plus près des instances du pouvoir ?
Alors pourquoi s’étonner de la « réussite de l’échec » ?
La seule façon d’exister pour leurs supérieurs et de favoriser la promotion des hauts fonctionnaires appartenant à une « élite de l’élite » surfaite, qui les rend reconnaissants et fidèles au premier abord. Soumis aux règles et aux codes imposés, ils sont limités dans leurs initiatives. Ces collaborateurs sont trop souvent réduits à se tenir en retrait dans l’incapacité de mettre en valeur leurs atouts et leurs qualités. Associée à l’amorphisme du choix de » l’ensemble des autres hauts fonctionnaires qui constitue l’« élite » c’est la principale raison de la « réussite de l’échec » pour un grand nombre d’entre eux. Faut-il rappeler, sans parler d’avantages discrets, que les bénéficiaires de cette promotion sont très bien payés, et qu’avec leurs primes et indemnités, leur rémunération dépasse largement celle des membres du gouvernement ?
Dans le contexte actuel dans son acception la plus large, national ou international, dans tous les secteurs, seule une minorité de l’« élite de l’élite » osera prendre le risque de s’affirmer autrement, en tentant leur chance sur place, dans d’autres filières publiques ou privées, en France ou à l’étranger. La France est malade de son inertie au changement. Chacun doit prendre conscience de sa responsabilité dans ce déclin annoncé. A six mois de l’élection présidentielle, il serait bon d’envisager un sérieux « turn-over » à tous les niveaux. Ignorer le passage à l’action consisterait à confirmer la philosophie de la « réussite de l’échec » dans la continuité.
Jacques Martineau
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