Après des élections départementales qui signent le ressenti et les choix des Français, l’Exécutif est au pied du mur avec l’élection présidentielle dans moins d’un an. Une majorité « inexistante » et des oppositions « qui s’affrontent » tous mesurent à leur façon la réalité des urnes. Le constat est clair. Nos politiques continuent à parler de réformes pour calmer l’opinion. Dans le contexte international, les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient sont par nature autobloquantes. Mais elles ne peuvent en continu être évoqués en permanence justifier le « surplace » en termes de politique intérieure où l’effet d‘annonces tient le haut du pavé.
L’illusion noyée dans l’image d’un concret comptabilisé
La dette et le déficit actuels confirment une situation économique et financière insurmontable à court terme. Les réserves de l’État sont remises en cause. Le « faire-semblant » se déroule sous les regards d’une opposition à l’affût, de partenaires sociaux, patronat et syndicats, en attente et d’une opinion publique inquiète en perte de confiance. Tous sont en attente de résultats. A chaque instant arrive le temps des décisions et des actions. L’arbitrage final tarde souvent à venir.
Parmi les réalisations, nos députés se régalent. Des projets de lois prioritaires pour l’Exécutif, à faible conséquence pour le public et sans intérêt particulier devant nos parlementaires. Seules de multiples décisions sur les règles et les normes, souvent imposées par « Bruxelles », donnent l’impression du passage à l’acte ! Ce « concret » est comptabilisé pour montrer que la représentation nationale travaille !
La complexité est une gêne qui sert aussi d’alibi pour masquer les difficultés – clubespace21.fr
En fonction des « petites » phrases, des fuites « organisées », sans parler du « non-dit » interprété au gré de chacun, les rumeurs vont bon train. Ces informations alimentent le quotidien de la plupart des « gazettes ». Les journalistes, les commentateurs et les éditorialistes, partisans ou non, des politiques engagées appuient ou contestent les différentes propositions du gouvernement. Ils affichent une mauvaise foi et une « pseudo langue de bois » aussi peu convaincante d’un côté comme de l’autre. Majorité et opposition n’en finissent pas de se rejeter la responsabilité de la situation, comme à l’accoutumée. Chacun ne veut voir que l’aspect négatif dans le point de vue de l’autre. Se faire sa propre opinion, à travers la presse et les médias est devenue aujourd’hui quasi-impossible.
Une technique « bien rodée » au service des pouvoirs politiques en place
La querelle politique prend trop souvent le pas sur les problèmes de fond. Le souci de préserver l’opacité de notre système parlementaire sert de liant entre nos élus. Cela confirme qu’il y a peu de chance que cette majorité ou une autre, soit en mesure d’appréhender enfin sur le fond le problème de l’emploi et par conséquent de proposer des solutions crédibles, pérennes et mobilisatrices.
Pris dans un étau économique et financier, le gouvernement se contente du « tout courant » - clubespace21.fr
La politique du « report à nouveau » est dans les faits l’un des moyens de clore des débats qui n’ont pas encore eu lieu ou de remettre à plus tard l’absence de décision, surtout quand le pouvoir manque d’idées concrètes consensuelles. L’Exécutif trouvera l’occasion, avec les arguments nécessaires, de présenter un projet de réforme à moyen ou long terme. En flattant l’opinion publique, il cherche à créer l’illusion de la continuité, en référence à un proverbe bien connu : « Pour un politique, il n’y a que l’intention qui prévaut ». La présidentielle approche et reste à nouveau un espoir ou une crainte, quoiqu’il en soit, pour les partisans du « surplace dans l’action » qui tiennent avant-tout à conserver leur place.
Jacques Martineau

