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Progrès et innovation

Éoliennes : un sérieux doute pour l’avenir… ?

Une mise en cause qui s’apparente à un message d’alerte

octobre 2019


Au moment où climat et environnement sont à la « Une » de tous les rassemblements politiques ou autres, il n’est pas simple de tenter de réagir par rapport aux solutions mises en œuvre ou envisagées en matière de production d’énergie.

Le développement durable occupe une place majeure sur le futur marché de l’énergie pour limiter l’utilisation d’énergie fossile. L’objectif est d’y parvenir dans les meilleurs délais. Dans tous les cas, il faut comprendre que plusieurs dizaines d’années seront nécessaires. Ce problème dépasse nos frontières et concerne le monde entier.

Le réchauffement climatique, effets et causes, à l’étude du GIEC – montage : clubespace21.fr


Si l’écologie, le climat et l’environnement prennent le pas en tant que sujets prioritaires, on ne peut pas se contenter d’actions à petites doses. Elles sont souvent non significatives, avec un seul objectif celui de satisfaire le « politique » et la population à des fins électorales. C’est dans ce contexte que l’État français ne peut plus ignorer le problème du choix des énergies renouvelables et en priorité celui des éoliennes.

Chacun, citoyen ou politique, y va de ses propres idées et de ses solutions. La voiture électrique est mise en exergue, avec un bonus exceptionnel, compensé avec une très forte augmentation de la taxe carbone pour les autres véhicules, diesel ou essence, qui va doubler voire tripler ! Nul n’est dupe du but caché de cette décision. La fourniture d’énergie électrique demeure dans tous les cas un problème essentiel.

Inutile d’essayer de convaincre vos interlocuteurs en matière de production d’énergie. Quelle que soit votre opinion, vous trouverez en face de vous des « convaincus ». Soit, ils partagent votre point de vue, si vous en avez un, l’affaire est entendue ; soit, ce qui est le plus souvent le cas, ils s’y opposent. Alors ils vont tenter de vous convaincre qu’ils possèdent la solution.

La France et ses éoliennes dans le marché européen

Au-delà des sources d’énergie reconnues comme le nucléaire, l’hydraulique et la bio masse, il est de plus en plus question de solaire et d’éolien. Qualifiées d’énergies renouvelables, non émettrice de CO2, ces deux nouvelles voies se sont imposées. C’est principalement l’énergie produite par les éoliennes qui est mise en cause.

La France ne consomme en 2018 que 5,7% d’énergie éolienne – montage : clubespace21.fr


Quelques chiffres pour mieux comprendre : en 2018, la production européenne (au-delà des 28) représente 30% de l’énergie éolienne mondiale. En Europe, le secteur de l’énergie éolienne assure 11,4 % de la production d’électricité. Principaux pays consommateurs : 40,5 % au Danemark, 28,1 % en Irlande, 24,9 % au Portugal, 20,4 % en Allemagne, et… 5,7% en France. L’éolien « en mer » représente en Europe 15,1 % de toute sa production éolienne ce qui représente 79 % de la puissance éolienne « en mer » mondiale !

La France s’est engagée dans la voie éolienne et envisage d’accélérer leur implantation avec une prédominance pour des parcs en mer. L’expérience et les échecs allemands, en particulier le transport et le stockage de l’énergie produite, n’ont pas l’air nous de servir d’exemple.

Les questions demeurent face à ce type de production d’énergie

Déjà, un premier souci est lié à leurs lieux d’implantation en rapport avec le monde agricole et le simple voisinage, nuisances par rapport aux animaux et nuisances sonores, parfois évoquées. Comment fonctionnent-t-elles ? La source d’énergie cinétique reste le vent. Après transformation, la production d’énergie électrique est par nature erratique. Leur mise en place intensive en mer sur les côtes françaises tient la faveur du choix. Quelles en seront les conséquences pour l’environnement ?

Stocker l’énergie produite demeure un problème incontournable à ce jour. C’est seulement en étant associée à d’autres sources d’énergie qu’elle peut être utile pour satisfaire au minimum les besoins d’une population ou d’une industrie voisine. La tendance à l’oubli masque les impasses.

Énergies disponibles : fossile, nucléaire, hydraulique, solaire et éolienne – montage : clubespace21.fr


Autre sujet d’interrogation le coût de développement de ces énergies renouvelables pour rejoindre le parc nucléaire en quantité d’électricité fournie. A 50/50, on peut estimer la part de l’éolien au 2/3 des énergies renouvelables. A ce jour le prix du MWh éolien dépasse les 85 euros, soit 40 euros de plus que la moyenne actuelle de 45 euros du prix de l’électricité. Ce prix peut encore augmenter si l’on y ajoute le caractère intermittent et aléatoire des parcs éoliens. Supposé diminuer sur les 20 ans prévus pour l’installation du parc, le prix pourrait très vite se situer autour de 60 euros du MWh tenant compte de contraintes (prix garanti, obligation d’achat et compensation de rémunération en faveur des investisseurs). La course n’est pas terminée. Le « tout en place » devrait s’échelonner jusqu’en 2040. Le gain financier pour les opérateurs serait alors autour de 10% en fonctionnement opérationnel.

Que dire de la situation actuelle en France ?

Il serait temps de se poser des vraies questions sur le développement de l’option éolienne en matière d’énergie renouvelable comme de nuisances réelles et potentielles. C’est un engagement de plus de 20 ans pour l’implantation sans retour de parcs d’éoliennes, dans les zones venteuses du territoire, sous réserve espérée d’aucun contretemps technique ou environnemental.

C’est ce message d’alerte que s’acharne à faire passer Fabien Bouglé qui depuis 10 ans travaille sur les risques et les déconvenues attendues en matière d’approvisionnement en énergie par les éoliennes dans un livre choc exhaustif « La face noire de la transition écologique » qui dénonce le caractère présumé sans issue du processus.

Se masquer la face, c’est aussi faire fi des importants progrès technologiques ou de la découverte d’une nouvelle source d’énergie à moyen et long terme. Comment faire prendre conscience du risque encouru ? Avec un apport contributif à hauteur de 5,7%, c’est une chance pour la France de repenser son projet en s’inspirant de l’expérience des pays nordiques. Ne pas s’affranchir dès aujourd’hui de leurs difficultés pour faire comme « tout le monde » n’est pas une garantie pour l’avenir.

Ce n’est certainement pas la conception, la fabrication et la performance du parc éolien français qui lui assureront cette garantie. La France ne peut pas prétendre pouvoir jouer « seule » et imaginer servir « seule » d’exemple en matière de production d’énergie. Recherche et innovation en matière de stockage de l’énergie méritent mieux.

Jacques Martineau

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