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L’Union européenne et la zone euro

La fracture de la mosaïque européenne ? (1ère partie)

A chacun sa perception de la crise migratoire (2011 – 2016)

janvier 2018


L’UE est une mosaïque de peuples possédant des religions, des langues, des cultures et des histoires différentes, liés entre eux par le ciment très ténu du papier des Traités et, peut-être, par le rêve d’une communauté de destin « civilisationnel ». La tentation de comportements hégémoniques de l’Allemagne ou de la France (qui se considèrent tour à tour comme les sauveurs de l’Europe) commence à fracturer cette mosaïque en faisant renaître, parmi certains peuples longtemps vassaux, le spectre des empires auxquels ils avaient cru échapper et en créant ainsi des sentiments de repli identitaire.

L’Union européenne « à la carte » - source : slideplayer


A chaque pays sa perception de la crise migratoire

Pour le versant Sud de l’UE, L’histoire retiendra peut-être, pour dater le début de la fracture de l’UE, la création de l’état d’anarchie en Lybie suite au décès de M. Kadhafi (octobre 2011). Le trafic de migrants, que limitait jusqu’alors Kadhafi, a utilisé ensuite massivement des radeaux pneumatiques surchargés de centaines de personnes. Le pic de migration atteint en septembre 2015 s’est depuis réduit.

Migrants en provenance de Lybie, de Tunisie, d’Algérie et de Turquie - source : lexpress.fr


Pour les confins Sud-Est de l’UE, il s’agit des années 2015-2016. L’extension de l’Etat Islamique et la complicité de la Turquie (en représailles au blocage du processus d’adhésion) a provoqué un flux, au travers de la Mer Egée, de plusieurs centaines de milliers de migrants qui ont progressé ensuite à travers les Balkans, la Hongrie et l’Autriche vers le pays qui disait pouvoir les accueillir, l’Allemagne.

Le nombre de ces migrants (et réfugiés) n’est pas significatif (au regard de la population totale européenne) mais les images de radeaux en Méditerranée et de longues colonnes d’hommes, femmes et enfants, mises en boucle pendant des mois sur les télévisions, a eu un impact médiatique considérable sur les peuples européens.

Face aux diverses perceptions, les conséquences ne sont pas les mêmes !

C’est donc au travers de la perception de la crise par ces peuples, rapportée pour certains à leurs traumatismes historiques des siècles passés, qu’il faut apprécier l’importance de la fracture. L’Union européenne n’a pas dans ce domaine de fil conducteur susceptible d’aboutir à une appréciation globale partagée.

Signature de l’accord de UE avec la Turquie en mars 2016, où en est-on ? – source : lemonde.fr


Compte–tenu de la situation politique et géographique de chacun des Etats, les perceptions et les conséquences ne sont pas les mêmes. A titre d’exemple, le Royaume-Uni pour mieux comprendre l’origine et les raisons du Brexit ; le groupe de Višegrad (Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie) et l’initiative des 3 mers ; l’Italie, dans une situation politique difficile, qui gère pour partie l’arrivée des migrants en provenance de Lybie ; la France patrie des droits de l’homme, en général en dehors du débat sur le fond ; et enfin l’attitude de l’Allemagne à l’initiative de ce débat migratoire à suivre. L’Union européenne est toujours absente des débats. Pour mieux comprendre et pour plus de détails cliquer ici.

En conclusion

L’analyse précédente se réfère à la seule perception (juste ou pas) de situations qui engendrent des phénomènes identitaires dans des contextes historiques différents.

Selon la « théorie du Chaos » donc : petite cause, grands effets. Depuis, toutes les élections européennes qui ont suivi (à l’exception des élections françaises – mais de peu) ont conduit à des replis nationaux : le Brexit d’une part, des gouvernements de coalition avec les droites « dures » voire « extrêmes » d’autre part.

Mais dénoncer « la montée des extrêmes » dans tous les pays et poser en vertu cardinale la défense des « valeurs de l’Europe » ne facilitera pas la bienveillance des Etats.

Alors comment obtenir un large consensus sur un « grand projet d’harmonisation sociale et fiscale » ? Ce qui pourrait être un objectif d’une amplitude égale à celui des migrations... Ce sera l’objet de la seconde partie de cette analyse.

Georges Seguin

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