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Novembre 2017

Les Gafa vivement attaqués par la commissaire européenne à la Concurrence

novembre 2017


Du 07/11/17 par Hélène Gully et Sébastien Dumoulin pour Les Echos

Lors d’un discours en marge du Web Summit à Lisbonne, Margrethe Vestager a accusé les géants américains de « détruire la démocratie ».

L’Union européenne s’affiche largement au Web Summit, qui se tient cette semaine à Lisbonne . Plusieurs stands présentent son action. Surtout, la star du salon, qui tient la tête d’affiche des intervenants s’appelle... Margrethe Vestager.

La Commissaire européenne à la concurrence s’est présentée mardi matin sur la grande scène, devant plusieurs milliers de personnes, introduite sous les applaudissements comme « l’une des femmes les plus puissantes du monde ».

En robe bleue et baskets, la Commissaire s’est adressée à un public de startuppeurs, expliquant vouloir défendre leur capacité à innover et à poser la question « Pourquoi pas ? ». Ce qui lui a permis de remettre encore une fois sa lutte contre la toute-puissance des Gafa sur le tapis , et en particulier Google.

« Nous n’avons rien à redire sur le fait que Google domine le marché de la recherche en ligne », a précisé Margrethe Vestager, mais seulement après avoir battu froid le géant californien. « Les entreprises comme Google ont une responsabilité particulière. Elles ne doivent pas affaiblir la compétition », a martelé la Commissaire. « Nous avons dû infliger une amende à Google car ils n’ont pas été à la hauteur de cette responsabilité ».

Pour mettre l’audience de son côté, la Danoise a expliqué qu’en valorisant son propre comparateur de prix, Google avait renvoyé ses concurrents en page 4 de son moteur de recherche. « Combien d’entre vous sont déjà allé en page 4 des résultats ? Combien d’entre vous veulent que leur entreprise se retrouve en page 4 ? », s’est-elle amusée à demander, sans que beaucoup de mains se lèvent dans la salle.

Pour défendre l’innovation, la Commissaire a également défendu sa lutte contre les règles fiscales particulières négociées par les grands groupes avec certains gouvernements. « Ce ne doit pas être la taille d’une entreprise, ni ses connexions gouvernementales qui font son succès, mais sa capacité d’innovation et la qualité de ses produits ». Les jeunes pousses ne pouvaient qu’approuver.

« Faire revenir la démocratie »

« Je ne me sens jamais autant européenne que lorsque je suis aux Etats-Unis », a-t-elle également lancé, citée par le « Financial Times ». « Parce que nous sommes différents. » Car, selon elle, l’Europe reconnaît et respecte les limites du marché libre.

Nous voulons tous un marché libre mais nous intégrons ce paradoxe d’un marché libre où il est parfois nécessaire d’intervenir », a défendu Margrethe Vestager, dénonçant « la loi de la jungle » imposée par les géants américains.

« Les motivations qui poussent à briser les règles de la concurrence sont aussi vieilles qu’Adam et Eve », a-t-elle ajouté. « Il s’agit de l’avidité. De la peur. Et lorsque vous associez ça avec le pouvoir, vous obtenez un cocktail empoisonné. »

Face aux géants du Web qui « détruisent la démocratie » en « adoptant des comportements de concurrence déloyale », la commissaire européenne appelle donc à « faire revenir notre démocratie et la renouveler parce que la société, c’est d’abord des gens, pas des technologies. »

Optimisation fiscale dénoncée

Faire revenir la démocratie, c’est déjà, selon elle, contraindre les mastodontes américains à payer les impôts européens.

Ce qu’elle a d’ailleurs commencé à faire, avec l’exécutif européen, en forçant l’Irlande à récupérer 13 milliards d’euros de taxes qu’Apple aurait dû payer.

Mais Bruxelles ne s’est pas arrêtée là. L’UE a aussi exigé d’Amazon de rembourser 250 millions d’euros d’arriérés d’impôt au Luxembourg pour avoir bénéficié de subventions publiques illégales.

Autre affaire : l’amende de 2,42 milliards d’euros que Google doit payer pour avoir abusé de sa position dominante pour privilégier son comparateur de prix, Google Shopping.

Il faut dire que les géants de la tech sont de plus en plus scrutés, tant les impôts qu’ils versent paraissent dérisoires comparés à leurs chiffres d’affaires. L’opinion publique incite donc les gouvernements européens à sévir, même lorsqu’il s’agit d’optimisation fiscale et non de fraude .

Pour la commissaire européenne, la faute ne vient pas seulement des entreprises mais aussi des Etats. Elle estime notamment que les Etats-Unis ne vont pas assez loin dans la régulation des grands groupes tech. Le message est envoyé.

à suivre dans Les Echos

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